Investir dans l’hôtellerie au Maroc

Note · Hôtellerie

Le Maroc est la première destination touristique d’Afrique. Cette note présente les chiffres du marché, les destinations, les segments recherchés, ainsi que les points de vigilance qu’un investisseur gagne à connaître avant d’engager.

19,8 Mtouristes accueillis en 2025, +14 % sur un an
138 Md MADde recettes touristiques en devises en 2025, +21 %
26 Mde touristes visés à l’horizon 2030

Une dynamique construite en une génération

La situation actuelle n’est pas conjoncturelle : elle est l’aboutissement de plans successifs engagés depuis un quart de siècle. Le Plan Azur (2001-2010) a lancé six stations balnéaires intégrées ; la Vision 2020 a diversifié l’offre au-delà du balnéaire ; la Feuille de route du Tourisme 2023-2026 a suivi, et la Charte de l’Investissement range le tourisme parmi les secteurs éligibles à la prime sectorielle.

L’horizon est désormais fixé par la Coupe du Monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, et par un objectif de 26 millions de touristes par an. La ministre du Tourisme a évoqué un objectif de l’ordre de 60 000 lits supplémentaires d’ici 2030 (déclaration rapportée par la presse, juillet 2026).

  • Connectivité aérienne en expansion : 32,7 millions de passagers en 2024, et un protocole de 38 milliards de dirhams entre l’État et l’ONDA pour porter la capacité aéroportuaire à 80 millions de passagers en 2030.
  • Opérateurs déjà implantés : Accor, Marriott, Hilton, Hyatt, Fairmont, Barceló, RIU, Iberostar, Meliá, aux côtés d’enseignes locales comme Risma ou de nouveaux opérateurs urbains comme Ona Hotels. Cette densité facilite la mise en place d’un contrat de gestion ou de franchise.

Huit destinations, et ce qui les distingue

Voir les 8 destinations
1

Tanger et le littoral méditerranéen

Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Portée par la proximité de l’Europe (quatorze kilomètres) et par l’essor du hub logistique régional, la ville voit émerger une offre urbaine et lifestyle, en complément du balnéaire traditionnel de Tétouan et Al Hoceima.

2

Saïdia

Oriental (province de Berkane)

Station du Plan Azur, organisée autour de sa marina et de son golf. Après des années de sous-exploitation, le site a repris son développement.

3

Rabat et Casablanca

Rabat-Salé-Kénitra / Casablanca-Settat

Pôle du tourisme urbain, d’affaires et événementiel ; Rabat progresse avec l’implantation de grandes enseignes internationales.

4

Marrakech

Marrakech-Safi

Destination phare du loisir et du luxe.

5

Agadir et Taghazout Bay

Souss-Massa

Zone balnéaire historique prolongée par Taghazout Bay, station du Plan Azur relancée : son programme prévoit huit hôtels et 12 376 lits, selon la SMIT. Spot mondial de surf, porteur pour l’hébergement lifestyle et outdoor.

6

Essaouira (Mogador)

Marrakech-Safi

Positionnement écoresponsable affirmé, distinct du modèle resort classique. Le plan de développement de la station de Mogador, présenté par le Chef du gouvernement, comprend un village Club Med, un golf et 3 700 lits.

7

Fès

Fès-Meknès

Pôle du tourisme patrimonial et culturel, médina classée à l’UNESCO, tissu de riads et de maisons d’hôtes en forte demande de rénovation. Le programme « Aéroports 2030 » porte la capacité de l’aéroport à 5 millions de passagers.

8

Dakhla et les provinces du Sud

Dakhla-Oued Ed-Dahab

Destination émergente du tourisme sportif et nautique et de l’écotourisme désertique, adossée au projet de port en eau profonde Dakhla Atlantique. La plus prospective du dispositif marocain.

Liste non exhaustive. Le choix de la destination dépend du segment visé, de la clientèle cible, de la connectivité aérienne et de la maturité de l’écosystème local.

Où se concentre la dynamique d’investissement

  • Balnéaire et resorts intégrés : Le modèle historique du Plan Azur, relancé sur les sites qui ont trouvé leur positionnement : hôtels 4 et 5 étoiles, formules tout compris, golfs et marinas.
  • Urbain et tourisme d’affaires : Casablanca et Rabat concentrent la demande liée aux séminaires et à l’événementiel corporate, avec des besoins de centres de congrès et d’hôtels de standing international.
  • Luxe et lifestyle : Une clientèle à forte valeur ajoutée, concentrée sur Marrakech, Fès et Essaouira.
  • Hébergement alternatif et patrimonial : Riads, maisons d’hôtes et boutique-hôtels dans les médinas historiques : un segment à fort ancrage local, et à demande croissante de financement de rénovation.
  • Tourisme sportif et outdoor : Surf, kitesurf et sports de nature à Taghazout, Essaouira et Dakhla, avec une demande croissante d’hébergement lifestyle associé.
  • Écotourisme et tourisme durable : Écolodges, hébergement désertique et montagnard, valorisés par la prime développement durable de la Charte.
  • Mise à niveau d’actifs existants : Rachat et rénovation d’établissements classés non mis à niveau depuis plus de cinq ans : le segment visé par le mécanisme Cap Hospitality. Les primes de la Charte sont mobilisables sur la part du programme qui y est éligible.

Les points de vigilance

Ces réserves ne remettent pas en cause l’attractivité du Maroc. Elles méritent d’être anticipées plutôt que découvertes.

  • Le précédent du Plan Azur. Selon le rapport de la Cour des comptes sur la SMIT publié en 2017, sur 58 540 lits visés par le programme dans le cadre de la Vision 2020, 1 576 avaient été réalisés à fin juin 2015, soit 2,7 %. La Cour relève le non-respect des engagements de l’État sur les primes et les avantages fiscaux, et les difficultés financières des investisseurs privés. Taghazout et Saïdia ont depuis repris leur développement, mais l’épisode rappelle l’importance d’un plan d’affaires réaliste et d’une localisation testée par la demande.
  • Une saisonnalité réelle. Les grands événements sportifs créent des pics de fréquentation : un plan d’affaires ne doit pas projeter leur niveau d’occupation sur l’année entière.
  • Le financement de la rénovation. Cap Hospitality, mécanisme porté par la SMIT, finance la mise à niveau des établissements par des crédits de 3 à 100 millions de dirhams dont l’État prend en charge les intérêts, pour 25 000 chambres visées. Son ouverture aux nouvelles demandes se vérifie au moment du montage. Sur la part éligible, le plan de financement peut aussi s’appuyer sur les primes de la Charte.
  • Des délais administratifs variables. La loi fixe à vingt jours au plus le délai dans lequel la commission régionale statue, à compter du dossier complet ; dans les faits, les délais varient d’un CRI à l’autre selon la charge et la complexité du projet.
  • Le recrutement des profils qualifiés. La main-d’œuvre est disponible, mais direction d’hôtel, restauration et spa demandent plusieurs mois de recrutement et de formation avant l’ouverture, en particulier hors des pôles matures.
  • La disponibilité du foncier. Dans les zones les plus recherchées (Taghazout Bay, littoral de Marrakech-Safi), elle peut être limitée à court terme. Une identification précoce du site est recommandée dès que le segment et la taille du projet sont arrêtés.

Un projet hôtelier à structurer ?

Une fois le segment et la destination précisés, nous pouvons proposer une sélection resserrée de sites et un chiffrage indicatif des primes et financements mobilisables.

Contactez-nous